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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 21:41

""Ne laisses jamais ta peur t'envahir avant d'être face au danger. Quand arrive l'instant, fais glisser ta peur entre tes doigts, dans tes mains, et garde tes poings bien serrés pour frapper, ou pour attendre que le danger s'éloigne." Non, je n'ai pas peur de mourir, mes Abeilles, quand le moment sera venu je regrouperais mes dernières forces et j'entrerais dans l'ailleurs les poings serrés."

Christophine, centenaire aux poings serrés, de Martine Perron

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 15:46

A propos des orchidées :


« Les formes variées de ces fleurs suscitent notre émerveillement. Elles prennent la forme de petits oiseaux, de lézards, d’insectes. Elles font penser à un homme, à une femme, parfois à un combattant austère, sinistre, parfois à un clown qui nous fait rire. Elles nous donnent l’image d’une tortue paresseuse, d’un crapaud mélancolique, d’un singe habile et babillard. »

 

Jacob Breyne, botaniste, 1678

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 20:31
Petit rappel. Charles Darwin (1809 - 1882), naturaliste anglais soutint la théorie de l'évolution. A savoir qu'une espèce animale ou végétale s'adapte à son milieu naturel.  Il consacra toute une partie de ses travaux aux orchidées pour étudier leur évolution parallèle  à celle des instectes pollinisateurs.


Je voulais écrire un bel article sur lui, mais en ce moment, j'ai le cerveau trop enrhumé pour cela! Je vais donc laisser le maitre parler.
Imaginez donc, 1861,  assis à son bureau, Charles Darwin dissèque une orchidée et observe. Observons avec lui.

" Ophrys arachnites. [...] Les sept fleurs qu'on m'a envoyées étaient certainement ouvertes depuis longtemps, et les épis étant venus par le chemin de fer avaient reçu plus d'une secousse* ; cependant sur six de ces fleurs, les pollinies étaient encore dans leurs cellules, dans la septième, elles adhéraient toutes deux au stigmate, mais les disques étaient toujours dans leurs poches.



* [depuis, j'ai eu l'occasion d'observer quelques autres échantillons vivants, et j'ai constaté que les pollinies ne tombent pas, même quand on secoue fortement les épis.] "


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Je vous épargne les descriptions passionantes mais fastidieuses pour passer directement au légendaire Angraecum sesquipedale dont tout orchidophile qui se respecte connait l'histoire. Voici ce que Darwin en dit dans ce livre.


"Je crains de fatiguer le lecteur, mais je ne puis passer sous silence  l'Angraecum sesquipedale dont les grandes fleurs à six rayons, semblable à des étoiles formées d'une cire blanche comme la neige, ont excité l'admiration des voyageurs à Madagascar. Un nectaire vert, semblable à un fouet, et d'une longueur surprenante, pend sous le labellum. [...] Quel est l'usage, doit on se demander, d'un nectaire d'une longueur si démesurée ?Nous allons voir, je pense, que la fécondation de la plante, dépend de cette longueur du nectaire, et de ce que le nectar n'est contenu que dans sa partie extrême et amincie. Il est toutefois étonnant qu'un insecte puisse atteindre ce nectar : en Angleterre, des sphinx ont bien des trompes aussi longues que leurs corps ; mais à Madagascar, il faut qu'il y ait des papillons dont la trompe atteigne , en se déployant, une longueur de 10 à 11 pouces!

[...]

Si l'espèce de ces grands papillons venait à s'éteindre à Madagascar, assurément il en serait de même de l'Angraecum. D'autre part, comme le nectar, au moins à l'extremité du nectaire, se trouve hors de la portée des autres insectes, la disparition de l'Angraecum serait  probablement une sérieuse perte pour ces lépidoptères. On peut en partie comprendre comment le nectaire a pu acquérir son étonnante longueur par voie de modifications successives. Certains papillons de Madagascar étant devenus plus grands, sous l'influence de conditions générales de vie, et par voie de sélection naturelle, soit à l'état de larve, soit à celui d'insecte parfait, où la trompe seule s'étant allongée pour puiser le suc que l'Angraecum et d'autres fleurs logent au fond d'un long tube, les pieds d'Angraecum qui avainet les plus longs nectaires (le nectaire varie beaucoup de longueur chez quelques orchidées) , et qui forçaient par conséquent les papillons  à introduire leur trompe toute entière, ont dû être mieux fécondés. Ces plantes ont dû produire plus de graines, et les jeunes plantes nées de ces graines héritaient le plus souvent de la longueur des nectaires ; et de même dans les générations suivantes de la plante ou de l'insecte. Il semble qu'il se soit alors engagé une lute pour la longueur, entre le nectaire de l'Angraecum et la trompe de certains papillons; mais l'Angraecum a triomphé, car il fleurit en abondance dans les forêts de Madagascar, et oblige encore chaque papillon d'introduire sa trompe aussi loin que possible pour aspirer les dernières gouttes de nectar."



Voilà, tout le monde connaît la suite ; la théorie d'un papillon avec une si longue trompe en fit la risée de ses contemporains, jusqu'à ce que l'on découvre, des années plus tard, un papillon correspondant à sa description, qui fut baptisé  Xanthopan Moragani predicta, en hommage à la spéculation de Darwin.



J'agrandirai mon article lorsque que j'aurai fini le livre, car j'aurais certainement plein d'autres choses passionantes à partager à propos de Mormodes, de masdeavallias ou de bolbophyllum
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 16:30
Un troisième extrait, il va peut être falloir que je m'arrête, sinon je vais publier tout le livre sur mon blog!!

"Car nous allons décamper, pénéter de nouveau dans le sertaõ à la recherche de ces étranges fleurs qui ne s'épanouissent que dans les airs vibrant de fièvre, ces êtres hybrides, intermédiaires entre les plantes et les animaux, ces fleurs  dont les formes fantastiques hantent mes rêves fiévreux, qui enlacent ma gorge de leurs feuilles perfides comme des serpents , et empoisonnent de leurs effluves l'air que je respire, ces terribles fleurs d'une terre pourrie...
 Ah! Qu'elles sont belles, pourtant ! La soif me possède de nouveau d'en trouver d'autres, de plus affreuses et de plus merveilleusement formées."


Ernst Löhndorff, Chasseur d'orchidées
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30 septembre 2007 7 30 /09 /septembre /2007 15:44
Un deuxième extrait que j'aime particulièrement. Cette fois ci on attaque dans le vif du sujet avec une description fièvreuse des orchidées.


"J'en ai vu des orchidées magnifiques et terribles au cours des dernières semaines!  Leurs gueules ouvertes d'où les labelles jaillissaient comme des serpents agressifs, auxquelles leur couleur pâles donnaient un air sépulcral, on aurait pu croire certaines d'entres elles échapées de l'enfer. Leurs exhalaisons évoquaient des champs de bataille ou des boucheries mal tenues. Elles s'épanouissaient, collantes, visqueuses, tandis que de malheureux insectes, restés prisonniers de leurs feuilles, se débattaient avec des efforts déséspérés qui hâtaient la mort.
 J'en ai vu d'autres aussi qui semblaient sortir d'un conte de fées. Le blanc neigeux, le pourpre ardent, le bleu lumineux, l'or éclatant, toutes les teintes chantaient en une grandiose symphonie. Ces fleurs avaient l'air de scarabées fantastiques, de somptueux papillons ivres de couleurs. Les spécimens géants voisinaient avec les pygmées. Les unes embaumaient, les autres puaient. Beauté froide ou beauté âpre, mais beauté toujours indicible."

Ernst Löhndorff, Chasseur d'orchidées
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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 11:57
Petite mise en bouche de l'ambiance, avant d'aller chasser les orchidées.

Extrait 1 :


"Dans ces parages maudits, la saison chaude dure neuf mois. Neuf mois de fièvres, bourdonnements de moustiques, pendant lesquels on se rend visite en pirogue presque continuellement. Neuf mois aussi ou la puanteur de l'eau croupissante et opaque monte par le plancher jusqu'aux visiteurs avachis dans les hamacs. Et le fleuve clapote autour des pilotis couverts d'algues vertes, quand il n'engloutit pas un prospecteur de caoutchouc, un chercheur de diamant, ou un aventurier qu'un coup de couteau a fait taire.Les trois autres mois, quand le terrible fleuve - si incroyablement beau, pourtant - rétrécit un peu son domaine, les ruelles se déssèchent, et deviennent des rigoles limoneuses, bientôt durcies par le soleil. C'est alors qu'on découvre avec curiosité les restes d'un squelette sous les tripots de Santiago le Vautour."

Ernst Löhndorff, Chasseur d'orchidées
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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 17:00
Quand Stephen King s'insère dans ses romans, et qu'il s'en veut de tuer les personnages qu'il crée, ca donne ca :

"Il pense à Jake. Il est effondré que Jake ait dû mourir, et il se dit que, quand son dernier livre sera publié, les lecteurs vont être furax. Et ça se comprend, non ? Pour certains ils connaissent Jake Chambers depuis vingt ans,  soit presque deux fois la durée de la vie du garçon. Oh ça, ils vont être furax, et quand il répondra à leurs lettres pour leur dire qu'il est aussi désolé qu'eux, aussi surpris, vont ils seulement le croire ?
[...]

Sauf qu'il n'est pas Dieu, du moins pas dans ce cas précis. [...] Mais il sait aussi qu'à un moment, alors qu'il était assis derrière son mac dernier cri, le chant qu'il entend est devenu le chant funèbre de Jake, et que s'il l'avait ignoré, il aurait totalement perdu le contact avec le Ves'-Ka-Gan, et il ne doit pas prendre ce risque. Pas s'il veut finir [...] s'il veut émerger de cette forêt déroutante d'intrigues qu'il a plantée, et ...
    Tu es bien sûr que c'est toi qui l'a plantée ?"
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13 juin 2007 3 13 /06 /juin /2007 22:30


"Il se baissa pour cueillir une orchidée bleue et rose que le gel avait fait sortir de terre.
Elle sentait le parfum d'Alise"


"- Les boutiques des fleuristes n'ont jamais de rideau de fer. Personne ne cherche à  voler les fleurs.
Cela se comprenait assez. Il cueillit une orchidée orange et grise dont la corolle délicate fléchissait. Elle brillait de couleurs diaprées."


"La porte extérieure se referma sur lui avec un bruit de baiser sur une épaule nue."


Boris Vian , L'écume des jours



Je m'arrête la pour les citations, mais le livre entier pourrait être cité tellement  il est étonnant , surréaliste, drôle et poétique.
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 09:27
Extrait de Et si c'était vrai  de Marc Levy.

" 'C'est pourtant simple, c'est un jeu, tous les matins au réveil on te donne 86400 dollars, avec pour seule contrainte de les dépenser dans la journée, le solde non utilisé étant repris quand tu vas te coucher, mais ce don du ciel ou ce jeu peu s'arrêter à tout moment, tu comprends ? Alors la question est : que ferais tu si un tel don t'arrivait ?'
    Il répondit spontanément qu'il dépenserait chaque dollar à se faire plaisir , et à offrir quantité de cadeaux aux gens qu'il aimait [...] 'mais où veux tu en venir ?' Elle répondit ' Cette banque magique nous l'avons tous, c'est le temps! La corne d'abondance des secondes qui s'égrenent!'
    Chaque matin, au réveil, nous sommes crédités de 86400 secondes de vie pour la journée, et lorsque nous nous endormons le soir il n'y a pas de report à nouveau, ce qui n' a pas été vécu dans la journée est perdu, hier viens de se passer . Chaque matin cette magie recommence, nous recrédités de86400 secondes de vie, et nous jouons avec cette règle incontournable : la banque peut fermer notre compte à n'importe quel moment, sans aucun préavis : à tout moment la vie peut s'arrêter. Alors qu'en faisons nous de nos 86400 secondes quotidiennes ? 'Cela n'est il pas plus important que des dollars, des secondes de vies ?'

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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 11:51
Je viens de terminer La nuit des temps de René Barjavel.
et... C'EST TROP TRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISTE!!!!

Le pitch du livre : Le pole sud est divisé en plusieurs nations qui l'étudient. Et alors que les français étudient une parcelle, il découvrent un drole d'objet enterré sous un kilomètre de glace. Ils creusent et découvrent une sphère en or vieille de 900 000 ans, et qui contient ... un homme et une femme cryogénisés.
Le monde entier se met à suivre ces événements qui risquent bien de tout bouleverser.

Désormais aidés des scientifiques du monde entier, les français décident
de réveiller ces deux êtres.
Mais par lequel commencer?...
L'issue de l'histoire sera déterminée par ce choix.

ET EVIDEMMENT, C'EST LE MAUVAIS CHOIX QU'ILS VONT FAIRE!!!

Extrait :

"Si ce jour là, au lieu de grimper dans l'hélicoptère, je m'étais embarqué avec mes cantines dans l'avion pour Sydney, si [...] j'avais dit adieu pour toujours à la base, à la glace, au monstrueux continent froid, que serait il advenu ?
    Qui aurait été près de toi, ma bien aimée, au moment terrible ? Qui aurait vu à ma place ? Qui aurait su ?
    Celui là aurait il crié, hurlé le nom ? Moi je n'ai rien dit. Rien...
    Et tout s'est accompli...
    Depuis je me répète qu'il était trop tard, que si j'avais crié, cela n'aurait rien changé, que j'aurais simplement été accablé sous le poids d'un déséspoir inexpiable. Pendant ces quelques secondes, il n'y aurait pas eu assez d'horreur dans le monde pour emplir ton coeur.
    C'est cela que je me redis sans cesse, depuis ce jour, depuis cette heure : 'Trop tard... trop tard... trop tard...'
Mais peut être est ce un mensonge que je mâche et remâche, dont j'essaie de me nourrir pour tenter de vivre..."
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