C'est rigolo car ces croquis ont étés fait il y a quelques années maintenant, mais je reconnais très bien les deux artistes qui sont sur ce croquis,
Il s'agit de Sonia à gauche, et Typhaine à droite, et je suis sure qu'Angeline, si elle passe par là, les reconnaitras aussi!
Ca n'est déjà plus un scoop, vu que mon Choupinet a déjà publié les premières photos sur son blog, mais le Gongora est en fleurs! Plus exactement, les deux premières fleurs se sont ouvert hier matin, et ce matin les autres se réveillent
également. Alors je n'ai pas pu publier hier car je travaillait tout l'après midi, et hier matin, nous étions dans un tel état d'exaltation qu'il m'était impossible de me poser devant un clavier
d'ordinateur!
Mais pas de panique, j'en profite ce matin pour vous raconter notre incroyable histoire avec le Gongora chocoensis.
Tout a commencé dans un livre. Car les orchidophiles (je parle pour moi, mais je pense que tous les passionnés qui passent par là seront d'accord avec moi) sont avant tout de grands rêveurs. Car en
effet, que l'on cultive sur un rebord de fenêtre ou dans une serre de 100 m², il est indéniable que nous ne possèderont jamais toutes les variétés d'orchidées tant elles sont nombreuses. Alors à la
place nous dévorons des yeux pendant des heures le papier glacé ou l'écran d'ordinateur sur lequel s'affiche celles que l'on convoite. Et de temps en temps, l'une d'elle nous apparait encore plus
fantastique que les autres, et une quête du Graal s'engage pour la trouver chez un producteur. Bon, j'exagère peut être un peu, encore que pour certaines espèces on n'en est pas loin.
Toujours est il qu'au mois d'aout de l'année dernière, nous projettions de passer nos vacances en Bretagne pour faire un tour à la Canopée. Se renseignant sur ce qu'ils avaient dans leurs serre, on
nous annonce qu'on peut leur envoyer un mail avec ce que l'on veut, et qu'ils feront au mieux pour nous l'obtenir. Il ne fallait pas nous le dire deux fois, nous voilà le nez plongé dans les
bouquins à la recherche des merveilles des merveilles. Et à la page 20 du livre Orchidées de Manuel Aubron et Pascal Descourvières, on tombe en adoration devant une étrange bestiole, mi fée
clochette mi dragon, le Gongora chocoensis. Sitot dit, sitot fait, on passe commande de celui là ainsi que d'autres merveilles (qui fleuriront un jour, je vous le promet!)
Septembre 2007, nous voici à la Canopée. Ils n'ont pas réussi à rassembler toute notre commande, mais on a le Gongora que l'on voulait. On rentre à la maison avec toutes nos bestioles, et commence
l'attente. A ce jour, on n'a même pas du voir un quart de nos orchidées en fleurs. Et tant que rien n'apparait au creux d'un pseudo-bulbe ou dans un coin de feuille, l'idée de la fleur n'est qu'un
vague et lointain espoir teinté du souvenir du papier glacé qui nous a fait craquer pour cette belle.
Et puis il y a quelques mois, novembre ou décembre, je ne me rappelle plus, deux excroissances sont apparues au pied du Gongora. L'une verticale, l'autre horizontale. Vous l'aurez compris, il
s'agissait d'une nouvelle pousse et d'une hampe.
Mais là non plus l'histoire n'est pas fini, encore de longues semaines à voir la hampe s'allonger, les boutons grossir, et la peur de tout casser d'un geste maladroit. Une crainte aussi, à laquelle
nous n'avions pas songé jusque là : et si ça n'était pas un chocoensis ? Et plus les boutons se font gros, plus l'impatience, l'exaltation, l'angoisse, le trac, le suspense, la fièvre,
l'excitation nous envahissent!
Jusqu'à hier matin.
9h. Je me lève (oui, on s'est couché tard, la veille!) Choupinet arrose les paphios et compagnie, et me dit "t'as vus le Gongora, je crois qu'il va s'ouvrir, y a comme un trou sur le bouton."
Je vais voir, en effet, on dirait qu'on a passé un coup de scalpel sur la partie supérieure du bouton.
"C'est dommage" ,ajoute Choupinet, "il ne s'ouvrira complêtement que demain matin, je ne pourrais même pas le voir!"
10h, Arrosage des fifilles terminé, je vais voir à nouveau le Gongora, et je crie : "Choupinet viens voir!!" Les sépales s'étaient dessoudés et commencaient à s'ouvrir. On se contorsionne dans tous
les sens pour essayer de voir l'intérieur, quand je passe sur le coté de la serre et vois, de ce coté ou le bouton était bien ouvert, un bel oeil chocolat entouré de jaune. Nous sommes complêtement
exatlés, Sur toutes les variétés de chocoensis que nous avons vu au cours de nos pérégrinations sur internet, c'était celui là, celui du livre de Descourvières que nous voulions, et c'est celui là
qui s'ouvre à nos yeux.
Choupinet n'y tiens plus, allongé sur le dos, la tête dans la serre il nous fait une première séance photos.
11h. Je sors de la douche, Choupinet est occupé sur l'ordinateur. Je retourne vers le Gongora, nouvelle surprise! Il se dévoile complêtement à présent! Nouvelle séance photo. On admire, on dévore
des yeux, on s'extasie, on se félicité d'avoir choisi une orchidée aussi belle, il est PARFAIT! Le chocolat est franc et bien marqué, le blanc est pur et angélique, la forme rappelle les fées, les
oiseaux, les dragons, les insectes, les anges, tout à la fois!
12h45. Je pars au boulot.
20h45. Je rentre. Avant même d'avoir oté mon manteau et mes chaussures, je file vers la serre! Les sépales sont à présent bien enroulés et ont pris leur position finale. Il est tellement beau, et
m'a tellement fait rêver qua j'ai du mal à croire qu'il est bien là, dans notre serre! Je suis tellement habituée à le voir en 2D, et on l'a tellement fantasmé que c'est étrange de le voir là
devant nous, avec une telle grâce et une telle indifférence qu'il en deviendrait presque arrogant! "Pas de quoi en faire un fromage semble t'il nous dire, vous me trouvez beau, mais moi je suis
juste là pour remplir mes fonctions darwiniennes de reproduction."
8h ce matin ; Je me lève, et je file à la serre. Les 4 autres boutons montrent des signes d'impatience. Ils vont s'ouvrir aujourd'hui.
9h. Ca s'ouvre tout doucement, mais j'enrage, il y a de la buée sur les parois de la serre et je ne vois rien.
10h. Ca y est, les 4 derniers boutons se dévoilent, ce soir ils seront aussi majestueux que les deux premiers.
Photo prise ce matin vers 9h30
Un contrejour suffit à faire naitre de cette délicate plante d'étranges chimères!
C'est vous qui le dites!